Justice et information à deux vitesses au Viêtnam…
lundi 17 novembre 2008 par Benoît Lentz
On trouve aujourd’hui à la Une de Vietnam+ le nouveau site d’information
international du Viêtnam deux articles datés du 15 octobre 2007 consacré au jugement de ceux qui ont l’affaire de corruption dîtes "PMU18".
Le Tribunal populaire de Hanoi a condamné quatre personnes à des peines allant jusqu’à deux ans de prison pour des violations à la loi liées à l’affaire du Département de gestion des projets n°18 (PMU18) du ministère des Communications et des Transports.
Pham Xuân Quac, ancien directeur du Département de la police d’enquête sur les délits de l’ordre social (C14) du ministère de la Sécurité publique, a reçu un avertissement officiel, à l’issue du procès public en première instance alors que le Parquet populaire municipal avait demandé une peine d’un à 2 ans de travaux correctifs ou un avertissement.
Dinh Van Huynh, ancien chef du Bureau n°9 dudit département, a pour sa part écopé un an d’emprisonnement alors que le Parquet populaire municipal avait demandé une peine de 24 à 30 mois de prison ferme. Contrairement à la veille, devant la barre, l’accusé a reconnu mercredi les faits qui lui sont reprochés.
Nguyên Viêt Chiên, ancien journaliste du quotidien Thanh Niên a été condamné à deux ans de prison alors que le Parquet populaire municipal avait demandé une peine de 24 à 30 mois de prison ferme, tandis que Nguyên Van Hai, ancien journaliste du quotidien Tuôi Tre, a été remis en liberté mais devra suivre une période de rééducation de 24 mois alors que le parquet populaire municipal avait demandé une peine de 18 à 24 mois de travaux correctifs.
Outre les représentants de 26 organes de presse et de journaux nationaux, les reporters de six grandes agences de presse étrangères telles que l’AFP, l’AP, Reuters, Kyodo, NHK, DAP étaient présents, ainsi que les représentants de plusieurs organisations et organes diplomatiques étrangers de Hanoi.
Selon l’acte d’accusation du Parquet populaire suprême, les interrogations et plaidoiries publiques, Pham Xuan Quac et Dinh Van Huynh ont pris contacts directs avec plusieurs journalistes et révélé, dans une longue période, des informations liées à l’affaire de PMU18, dont certaines étaient inexactes sur les résultats d’enquêtes, y compris des documents non vérifiés.
En tant que journalistes, Nguyen Viet Chien et Nguyen Van Hai, abusant des devoirs de leur journal, ont écrit de nombreuses nouvelles et articles exagérés, montés de toutes pièces et donc inexacts, provoquant ainsi des malentendus au sein du public et portant préjudice au prestige du Parti comme de l’Etat, ainsi qu’à l’honneur et à la dignité de plusieurs citoyens.
Il est donc des pays où la liberté d’informer est un combat, de chaque instant. Et qui se poursuit
Benoît Lentz
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